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Mes " salons aux antipodes " présentés à la Convention FSA. 12/02/2015

 

Salons aéro. aux antipodes

Une mini conférence de 15mn, dans le cadre de la Convention France Spéctacle Aérien, à Lyon, le 29 novembre 2015.

Mon objectif était de vous présenter mes carnets de voyage dans les salons aéronautiques, partout dans le monde, à travers des récits mêlant photographies, anecdotes, histoire, géopolitique, références scientifiques ou littéraires, et surtout ; un peu d’humour… Il faut revenir à la guerre froide, pour comprendre cette démarche. A cette époque, lorsque j’avais débuté dans le reportage, les grands salons n’existaient quasi exclusivement que dans les pays dits «  occidentaux » (OTAN, UE, etc…), à l’exception des EAU ... Ce monde a volé en éclats, il y a 25 ans exactement. Dans sa tombe, Nikita Krouchev doit « se retourner », car de nos jours des chasseurs soviétiques, tels le MiG-29, sont présentés en vol par la Pologne, devenue membre de l’OTAN ... Pourtant, de nos jours, quand on se fait une image mentale d’un « salon aéronautique lambda», s’affiche généralement dans notre tête, une carte postale « des plus occidentales », combinant un ensemble d’avions plus occidentaux les uns que les autres. Pourtant, cette image n’est absolument pas représentative de la diversité des grandes nations aéronautiques et des salons organisés dans le monde. Mais par nature, notre cerveau n’aime pas les nouveautés : une démonstration des neurosciences. Le cerveau s’alimente de certitudes, favorise ce qu’il connait déjà depuis longtemps, et tout cela le rassure. D’autant, que rien dans notre environnement immédiat, ne nous encouragera à visiter des salons organisés par des nations très souvent présentées comme suspectes (à tort ou à raison) par une partie des mass médias … Et pourtant il faut « décoller », car le monde des avions n’a jamais été aussi fascinant et varié en types d’aéronefs, que dans notre temps présent «  multipolaire »… 

         

Pour nous en rendre compte, nous avons fait étape sur l’île paradisiaque de Langkawi, en Malaisie, la plus vaste d’un archipel éponyme de 99 îlots, en mer d’Andaman. Langkawi se trouve à 33 kilomètres de la péninsule malaise. Organisé tous les deux ans, sur l’aéroport international local, Langkawi International Maritime & Aerospace (LIMA) est devenu en quelques 20 ans d’existence, le plus grand salon d’Asie. Le « Dubai » asiatique, en quelque sorte … Le nom « Langkawi » vient du nom d’un aigle rouge local qui m’a survolé, traversant les fumigènes de la patrouille Al Fursan … Comme moi, Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier étaient fascinés par le Pacifique … En 1977. Ils ont publié la BD « Tigres volants à la rescousse ». Là, Buck Danny explique, sûr de lui, à son Amiral : « Il me vient une idée, subitement … Peu de pilotes malais, thailandais, birmans ou indonésiens seraient à même de piloter des jets utra-modernes comme ceux de la photo. A ceci… seuls des aviateurs très expérimentés, des blancs, possèdent des connaissances nécessaires pour manier ces zincs». Même en replaçant ces propos dans leur époque, on constate que les pays cités par l’aviateur de l’US Navy sont pourtant ceux qui présentent des avions de chasse, en vol ; en Asie, en 2015, ce qu’ils font aussi bien que leurs homologues européens. Quand on assiste à la démo. solo du Su-30 MKK de la Royal Malaysian Air Force, il y a en effet de quoi sourire. Mais ceux sont les vedettes de tous les continents qui se rencontrent à LIMA : Asie, Europe (Rafale Solo Display), USA, et Russie. 

Notre seconde étape était en République Populaire de Chine, au salon de Zhuhai, à une heure de bateau de Hong-Kong. Il se déroule tous les 2 ans, en Novembre. L’ennui c’est que le ciel est presque tous les jours, plombé par le « fog » de pollution. Nous découvrons qu’une formation de jets lourds, comme par exemple, les « Russian Knights » perce le plafond, et défie la brume, en éjectant des leurres thermiques. Le son des réacteurs des cinq Sukhoi suffit à interrompre les réunions, les hommes d’affaire se précipitant à l’extérieur des halls, courant dans les flaques d’eau, chaussures cirées aux pieds, pour assister au spectacle … C’est ainsi qu’un événement peut-être réussi, malgré une météo détestable. Pour parler des certitudes que l’on peut avoir sur les puissances étrangères, j’ai relaté cette anecdote de policiers militaires chinois, qui m’ont rendu service avec le sourire, m’ayant indiqué un excellent site de prises de vues, où je pouvais me rendre, en pleine zone d’activité aérienne. Et aussi, ils ont eux-mêmes négocié le taxi pour que je puisse m’y rendre et en revenir : ce serait inimaginable au Bourget ! 

En dernière étape, nous sommes allés sur l’aérodrome de Zhukovskii, au sud de Moscou. Lorsque vous y arrivez par les transports en commun, vous traversez quelques allées de bâtiments sordides pour entrer sur le site du salon aéronautique MAKS. Vous comprenez vite que cette base qui fut secrète n’avait pas été conçue pour accueillir le public. Pourtant… De nos jours, MAKS est un salon biennal, organisé depuis la disparition de l’URSS. C’est le forum d’échanges entre la Russie, les nations d’Asie centrale, et leurs clients. La Russie est assez différente de l’image entretenue par les medias dans nos cerveaux. Ainsi, les français, associés au «  Normandie-Niemen » dans l’imaginaire russe, sont bien accueillis au salon. Les russes sont les maîtres incontestés de la « poussée vectorielle » avec les avions MiG et Sukhoi. La puissance « tsariste » qui émerge, disparait , renait à travers les âges, si fascinante dans la littérature, devient encore plus séduisante auprès d’un occidental lorsqu’elle se manifeste par un tel cirque aérien, combinant « flares » et son assourdissant du ballet des réacteurs. Que dire du concert de 12 Tumanskii qui propulsent six Fulcrum de la patrouille Strizhi. On va en week-end à Zhukovskii, comme on va au Bolchoi. Surtout quand les Russkie Vitiazi (Russian Knights) font usage sans modération de pyrotechnie. Ils volent sur cinq à six Su-27 ornés d’armoiries quasi médiévales. Etrangement, nos médias n’évoquent jamais le facteur « exaltation » du public, comme élément descriptif d’un « airshow » réussi, pour ne parler que de choses hyper sérieuses comme de la technique et de l’exportation (même si ces secteurs m’intéressent, moi aussi …). En Russie, la joie exprimée par les spectateurs est elle-même très exaltante pour celui qui en est le témoin, et c’est pourquoi, je considère qu’un salon réussi, doit s’apparenter à un oeuvre d’art en vol, pas à une simple exhibition de technologies et de rivets. C’est encore plus le cas, lorsque nous vivons dans une période de guerre où les citoyens sont en quête de tout ce qui peut les exalter.

 

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